gradurMis a à part ceux qui ont hiberner dans une grotte la dernière année, vous avez obligatoirement entendu parler de Gradur ! Internet, radios, son nom était dans toutes les bouches.

Wanani Gradi Mariadi, plus connu sous le nom de Gradur est originaire du Congo et à grandi à Roubaix, dans le nord de la France. En 2011, après avoir obtenu un BTS commercial, il décide de s’engager dans l’armée. En 2013, Gradur se blesse sérieusement à la jambe et est immobiliser pendant plusieurs mois. C’est durant cette période difficile que Gradur se décide à écrire ses premiers textes et à faire du rap son nouveau passe-temps, sans plus de convictions que ça.

Une ascension fulgurante

En 2014, Gradur lance une série de freestyles portant le nom de “Sheguey“, gimmick favoris du personnage.
C’est son deuxième freestyle, un remix de “La mort leur va si bien” de Booba qu’il le fait véritablement décoller. Partagée sur les réseaux sociaux et validée par Booba,  la vidéo du freestyle devient très rapidement virale et dépasse vite le millions de vues. Voyant le buzz grimpé en flèche, Gradur décide donc d’arrêter l’armée afin de se consacrer à la musique. Un choix osé mais judicieux !
En octobre 2014, Gradur sort sa première mixtape baptisée “ShegueyVara” regroupant tous ses freestyles ainsi des morceaux inédits. Une mixtape très bien accueillie sur la toile puisqu’elle dépasse rapidement la barre des 100 000 téléchargements.

Le 23 février 2015, Gradur fait son entrée dans la cour des grands avec la sortie de son premier album intitulé “L’Homme au Bob“, l’un des projets rap français les plus attendus de l’année.
Premier contact avec l’album, la pochette qui plante immédiatement le décor. Bob vissé sur la tête et muscles saillants, on y voit Gradur tenant un bébé nourri au biberon rempli du munitions.
En plus d’une pochette réussie, Gradur a décidé de ne pas faire les choses à moitié puisque ce n’est pas moins de 17 titres qu’il nous propose pour ce premier projet.
Grâce à une promotion solide et une présence renforcée sur les réseaux sociaux, Gradur réussi son coup et se place directement à la première place des ventes d’albums en France lors de la sortie de son album avec 33 700 copies vendues la première semaine. Aujourd’hui, “L’Homme au Bob” a été certifié disque d’or avec plus de 65 000 exemplaires écoulés.

Ce qui saute clairement aux yeux lors de l’écoute de l’album, c’est les influences américaines de Gradur !
Que se soit de la bonne trap violente du South avec l’excellent morceau “Terrasser” ou de la drill music de Chicago avec le titre “#LHOMMEAUBOB“, Gradur assume ses influences et son style et vient souffler un grand coup dans la nuque du rap français.
Dans un registre beaucoup plus calme, on retiendra aussi “Jamais“, un morceau posé, plus mainstream, parfaitement calibré pour les ondes.

Des featurings all-star

Côté featurings, il faut avouer que Gradur frappe très fort vu la liste des invités pour un premier album.
En effet, le rappeur à réussi à obtenir des noms de qualités tels que Niro, Lacrim, Alonzo, Kayna Samet, sans oublier des collaborations américaines avec Chief Keef ou encore le trio Migos.
Parmi ces nombreuses collaborations, on retiendra surtout le très énergique “Militarizé” avec Niro et l’excellent “#LHOMMEAUBOB” avec Migos.
On regrettera surtout le faible niveau de Chief Keef sur “BANG BANG” qui aurait logiquement du être la meilleure collaboration de l’opus.
Enfin, on s’interroge toujours sur le choix de Gradur concernant Kayna Samet sur le morceau “Secteur“. Dommage de proposer un refrain autotuné bâclé alors qu’il aurait pu être assuré par la chanteuse.

Les lyrics, le point faible

Alors que du côté des productions, il n’y a rien à redire, ce n’est pas la même côté lyrics.
C’est bel est bien là que se trouve le point faible de Gradur.
Des textes parfois primaires et pas très recherchés, des sujets répétitifs et un manque d’originalité, c’est aussi ça l’univers du rappeur du 59. Mais rassurez-vous, Gradur assume pleinement la pauvreté de ses lyrics lors des différentes interviews, est c’est tout à son honneur.
En effet, pour ce premier album, Gradur souhaite simplement communiquer son énergie et sa bonne humeur sans réellement se soucier des paroles.
Partant de ce constat là, ce n,’est pas pour ses talents de parolier que vous écouterez Gradur, il y aYoussoupha ou Lino pour ça, mais Gradur sera de très bonne compagnie pour vous faire bouger la tête et vous ambiancer.
Outre les textes, on retiendra également l’aspect “trop gueulard” de l’album, qui aurait pu être équilibré par un peu plus de morceaux posés.

Une chose est sûre, Gradur est un concurrent sérieux pour les autres rappeurs. Joke, Dosseh, Kaaris et autres, ont des leçons à tirer de ce projet et tous devront innover et hausser leur niveau afin de pas rester dans l’ombre de Gradur.
Même si certains retiendront des textes légers, il faut avouer qu’à 24 ans, Gradur fait une entrée fracassante dans le paysage du rap français.
Si vous vous sentez lésé question lyrics, le rappeur de Roubaix saura vous combler avec le déploiement d’une énergie redoutable, un franc-parler percutant et des punchlines ici et là qui vous donneront le sourire.
A l’écoute de l’opus et au vu de l’énergie du rappeur, une chose est sûre, Gradur en concert, ça doit envoyer du steak !
Gradur n’a rien à envier à ses aînés, pari réussi pour lui avec ce premier album qui le positionne au même niveau que certains rappeurs qui sont déjà en place depuis plusieurs années.